Le Oui de la Mère de Dieu : couronnement de la dignité féminine

Le Oui de la Mère de Dieu : couronnement de la dignité féminine

Abbé Samih Raad

Homélie – Fête de la Dormition de la Mère de Dieu

Frères et sœurs bien-aimés,

Aujourd’hui, l’Église célèbre la Dormition de la Très Sainte Mère de Dieu, Marie, la toute-pure, celle qui a porté dans son sein l’Auteur de la vie. Cette fête n’est pas simplement un souvenir du départ de Marie vers Dieu ; elle est la proclamation joyeuse du cœur de notre foi : le salut.

Chaque fête chrétienne a pour but de nous redire la même vérité : nous sommes aimés de Dieu, aimés jusqu’à ce que Dieu donne sa vie pour nous. Dans le mystère de la Croix, Dieu nous dit : « Je meurs pour toi, je meurs en toi. »

La Dormition est aussi une fête de l’espérance. Elle nous rappelle que la mort n’a pas le dernier mot, que le corps, temple de l’Esprit Saint, est appelé à la gloire. Marie, élevée corps et âme dans la gloire, est l’icône de notre destinée : ce que Dieu a accompli en elle, il le promet à chacun de nous.

En contemplant Marie, nous contemplons aussi la vocation de toute femme. La sainteté de la femme ne se réduit pas à son lien avec la Vierge, mais s’enracine dans un mystère plus profond : elle est le passage par lequel le salut est venu dans le monde. Par son sein maternel, Marie a offert au monde le Sauveur ; par leur sein, toutes les femmes deviennent porteuses de vie et d’espérance.

Le sein maternel est la porte de l’existence. La femme est celle qui, dans le silence et parfois dans la souffrance, offre à l’humanité le don le plus précieux : l’existence même. Et pourtant, combien de fois entend-on dire que la femme est incompréhensible ! Mais la femme n’est pas faite pour être comprise comme un problème à résoudre ; elle est faite pour être aimée.

Marie est le plus bel exemple de ce mystère. Lorsqu’elle reçoit l’annonce de l’Ange, elle ne comprend pas tout. L’Ange lui-même ne saisit pas pleinement l’abîme du mystère qu’il annonce. Mais il y eut un mot, simple et décisif : « Oui ». Oui à Dieu, oui à la vie, oui au salut du monde. Ce oui a ouvert la porte de l’éternité pour l’humanité.

Ce oui est aussi une école pour chacun de nous. Souvent, Dieu nous invite à lui répondre dans des situations que nous ne comprenons pas. La foi n’est pas d’abord compréhension, elle est confiance. Marie nous apprend que la réponse qui sauve ne vient pas d’un raisonnement complet, mais d’un amour total.

Si Marie n’avait pas dit oui, ni toi ni moi n’aurions connu le salut. Voilà pourquoi, en ce jour qui clôt l’année liturgique byzantine, nous élevons notre reconnaissance pour le don de Marie, et à travers elle, pour la dignité de toute femme.

Frères et sœurs, que cette fête soit pour nous l’occasion de redire notre oui à Dieu, un oui qui n’exige pas toujours de tout comprendre, mais qui choisit de tout aimer. Alors, comme Marie, nous pourrons porter le Christ au monde et laisser le salut de Dieu se déployer dans notre vie.

Bonne fête à toutes celles qui portent le nom de Marie, et que la bénédiction du Seigneur repose sur tous les chrétiens en ce jour.

Monastère de la Résurrection, Chabrouh, Liban, 15 août 2025

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