« La paix soit avec vous ! »

En ce troisième dimanche de Pâques, notre méditation s’est concentrée sur un passage de l’Évangile qui a profondément marqué nos cœurs. Nous avons réfléchi à la répétition réconfortante de l’expression « La paix soit avec vous » dans les récits de Jésus, offerte comme un baume apaisant pour l’angoisse et la peur qui tourmentaient souvent les disciples. Cependant, aujourd’hui, cette paix semble vaciller alors que les disciples, accablés par la frayeur et la confusion, peinent à saisir la signification de ces mots réconfortants prononcés par Jésus. Dans cet état de trouble, Jésus leur adresse un message de calme et de réconfort, les exhortant à surmonter leurs craintes.

Ce moment de trouble et de confusion est contrasté par la résurrection, un événement bouleversant qui ébranle les croyances et ouvre une nouvelle ère dans la vie de l’Église. La résurrection de Jésus représente un véritable tumulte pour les esprits, mais aussi un moment décisif où le Christ ressuscité incarne le Nouvel Adam, porteur de la promesse de transformation et de rédemption pour l’humanité. Cette transformation profonde annonce un renouveau spirituel et une renaissance de la foi, offrant ainsi une source d’inspiration et d’espoir infinie pour les croyants.

Dans la messe, ce moment privilégié de la résurrection est symbolisé par la répétition du message de paix à travers toute la liturgie. Le mot « paix » résonne à trois reprises, rappelant ainsi la paix offerte par le Christ ressuscité. Des expressions familières telles que « La paix soit avec vous » ou « La paix du Seigneur soit toujours avec vous » résonnent comme un rappel puissant de la présence réconfortante de cette paix divine. Elle dépasse les tumultes et les incertitudes du monde, offrant aux fidèles un ancrage solide dans la confiance et l’espérance en la résurrection.

Je me présente aujourd’hui devant vous au nom de l’Église en Détresse (ACN) et de l’Église du Liban pour partager avec vous ce message de paix. Du fond du cœur, je vous souhaite : « Que la paix soit avec vous ».

Mes chers frères et sœurs, je suis ici parmi vous pour partager un témoignage de vie concernant la situation actuelle au Liban. En tant qu’enfant de la guerre, j’ai vécu de nombreuses épreuves à cause des conflits entre chrétiens et musulmans, ainsi que des tensions internes entre différentes factions chrétiennes. Actuellement, après l’explosion tragique de Beyrouth et la crise économique d’octobre 2019, nous assistons à une immigration massive des chrétiens du Liban, ce qui entraîne une diminution alarmante du nombre de fidèles dans cette région où notre foi a pris racine. Cette réalité douloureuse nous appelle à la réflexion et à l’action.

La présence des chrétiens au Moyen-Orient revêt une importance capitale, non seulement comme témoins de la résurrection du Christ, mais aussi pour promouvoir un dialogue interreligieux authentique. En coexistant pacifiquement avec nos frères et sœurs de différentes confessions chrétiennes et avec nos voisins musulmans, nous sommes appelés à être des instruments de paix dans une région marquée par les conflits et les divisions. Le dialogue interreligieux est essentiel pour construire des ponts de compréhension et d’amour entre les communautés religieuses, et pour œuvrer ensemble à la paix et à la justice.

Je vous présente deux projets de l’Aide à l’Église en Détresse (ACN) qui, chaque année, apporte son soutien au Liban à hauteur de CHF 800 000. La détresse est particulièrement criante, surtout dans les zones rurales. Dix-huit sœurs de la Congrégation des Sœurs Missionnaires du Saint-Sacrement œuvrent auprès des habitants de 24 villages pauvres et isolés. Leur travail comprend des visites aux personnes âgées et malades, la préparation des enfants à leur première communion, l’assistance aux familles démunies et des cours à l’École du Dimanche. De plus, elles organisent quatre fois par an des « camps bibliques », des événements de plusieurs jours visant à approfondir la foi des enfants et des jeunes à travers l’étude des Saintes Écritures.

Parallèlement, la formation des jeunes religieux de la communauté missionnaire de Saint-Paul et celle des séminaristes du séminaire patriarcal de l’Église gréco-catholique melkite, une Église catholique orientale, ont été unifiées. Actuellement, onze jeunes hommes sont en formation à Harissa. Ces séminaristes doivent non seulement croître sur le plan humain, spirituel et intellectuel en vue du sacerdoce, mais aussi acquérir une expérience pastorale concrète intégrée à leur formation.

Que la paix soit avec vous ! En ce troisième dimanche de Pâques, nous avons médité sur le réconfortant message de paix prononcé par Jésus à ses disciples. Malgré les turbulences de ce monde, rappelons-nous toujours de cette paix divine offerte par le Christ ressuscité. Que cette paix guide nos cœurs et nos actions, maintenant et toujours.

Samih RAAD

Compagne de l’Église en Détresse (ACN) en Suisse Romande 13- 14 avril 2024

Laisser un commentaire