Vivre l’unité dans la diversité : un chemin sacerdotal

Vivre l’unité dans la diversité : un chemin sacerdotal

Abbé Samih RAAD

Dans un monde profondément marqué par les divisions et les frontières, le ministère sacerdotal se révèle comme une vocation à construire des ponts, à devenir un espace vivant de rencontre et de communion. Ce témoignage reflète mon expérience personnelle de prêtre engagé dans cette mission d’unité, une mission souvent exigeante, mais toujours porteuse d’espérance.

Un appel à bâtir des ponts

Comment incarner cette quête d’unité dans la vie quotidienne du ministère ? Comment, au milieu de la richesse et de la diversité des traditions chrétiennes, manifester l’amour du Christ à travers des gestes simples et profonds, des paroles sincères, et une ouverture de cœur qui demeure fidèle à l’essentiel de la foi ?

Une invitation à l’espérance et à la réflexion

Ce récit est à la fois une invitation et un appel : une invitation à l’espérance et à la réflexion, et un appel à contempler l’unité comme une vocation vivante, au cœur même de l’Église. Puisse-t-il inspirer ceux qui aspirent, dans leur propre cheminement, à bâtir des ponts d’amour et de réconciliation, pour que tous trouvent leur place dans l’étreinte universelle du Christ.

Comment je vis l’unité dans mon ministère sacerdotal

Dans mon ministère, je m’efforce de ne repousser personne. Je me considère comme un serviteur de l’Église et de sa mission pastorale, veillant à ce que chacun trouve sa place. Nul ne franchit les portes de cette église, ni n’en sort, sans avoir eu l’occasion de participer d’une manière ou d’une autre : à travers la Parole partagée ou l’autel ouvert à ceux qui partagent la foi catholique.

Ce que je peux vivre aujourd’hui, je le vis avec joie. Ce que je ne peux pas encore vivre, je le confie à la foi : demain ou dans l’éternité, je crois que tout s’accomplira.

Des gestes qui témoignent de l’unité

Récemment, certains ont assisté aux funérailles d’un frère protestant dans notre église. Après la cérémonie, une dame m’a écrit ces mots :
« Cher Père Samih, laisse-moi te dire merci ! Pour la magnifique cérémonie pleine d’espérance. Nos deux prêtres, le pasteur, quelle belle Église ! C’est bien Saint Paul qui disait : ‘L’espérance ne déçoit pas.’ »

Ces moments témoignent de la beauté d’une Église qui, malgré ses différences, se réunit autour du Christ et de son amour.

Un chemin œcuménique, un espoir vivant

Chaque année, je me réjouis de faire sonner les cloches le samedi précédant le premier dimanche de l’Avent. Cette initiative, portée conjointement par notre diocèse de Metz, le diocèse de Strasbourg et l’UEPAL, symbolise l’entrée dans le temps de l’Avent, ce moment précieux de préparation à l’accueil de l’amour qui descend du plus haut, porteur d’un message universel de fraternité et de paix.

Une Église unie dans la diversité

Dans mon engagement œcuménique, je reste profondément convaincu que l’Église est une, même dans la diversité de ses traditions et de ses rites. Si nous ne pouvons pas encore partager l’Eucharistie ensemble, cela ne constitue pas un mur infranchissable, mais plutôt un appel à persévérer dans l’amour du Christ, qui nous unit au-delà des frontières visibles.

Depuis mes premiers écrits, j’ai pris l’habitude de dédier mes ouvrages à des êtres chers ou à des amis de confessions différentes, comme l’abbé Georges Massouh, prêtre orthodoxe. Je lui ai écrit un jour que, tôt ou tard, nous partagerons ensemble le repas sacré : ici-bas, ou assurément dans le Royaume de Dieu. Car c’est le Christ, notre Grand Prêtre, qui réconciliera ceux qui ont divisé son Église.

Unité et espérance : chemin d’amour et de vérité

L’unité de l’Église est pour moi un idéal vivant, nourri par la patience, la compréhension, et surtout l’espérance en Jésus-Christ, le seul capable de rassembler tous les membres de son Corps dans l’amour et la vérité.

Prière pour l’unité des chrétiens

Seigneur, je crois de tout cœur que les murs de l’inimitié seront abattus et les divisions anéanties, car ton amour pour ton Église est infini, et ton amour pour ton Corps, l’Église, est sans limite.

Fais naître en nous, Seigneur, un ardent désir d’unité. Éclaire nos esprits et nos cœurs afin que, malgré nos différences, nous avancions ensemble dans ta vérité et ta charité, unis dans l’amour qui vient de Toi.

Nous prions ensemble pour que, par ta grâce abondante, l’unité des chrétiens devienne une réalité vivante et palpable dès aujourd’hui. Qu’elle soit une lueur d’espérance pour notre monde, un témoignage vivant de ton amour, réconciliant toutes choses en Toi.

Amen.

Hombourg-Haut, le 17 janvier 2025

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