Moi, prêtre, vase d’argile -1-

Moi, prêtre, vase d’argile

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Abbé Samih RAAD

Aujourd’hui, je me tiens devant vous, dans le silence sacré de mon cœur,
à la frontière entre deux lieux saints : celui de l’action de grâce, où je rends hommage à la bonté infinie de Dieu, et celui de la repentance, où je me reconnais pécheur, dans l’humilité de mon être.

Je rends grâce à Celui qui seul mérite la louange :
Jésus-Christ, notre Grand Prêtre.
C’est à Lui seul qu’appartient l’honneur, la puissance et la gloire.
Je ne suis rien — s’Il ne remplit mon néant.

Car ce que j’ai reçu, je l’ai reçu de Lui.
Et ce qu’Il a retenu, je le bénis aussi.
Mais en vous donnant à moi, Il m’a comblé.
Et moi, j’ai essayé d’écouter ce que l’Esprit m’a dit.
J’ai tenté d’accueillir les souffles, les lumières, les murmures
que l’Esprit déposait en vous.

Je ne vous ai rien appris de nouveau.
Je ne suis qu’un rappel.
Un rappel de ce que vous saviez déjà.
Et je m’éloignerai… après avoir rappelé.

Mais je me tiens aussi dans le lieu profond de la pénitence.
Car je suis poussière. Car je suis oubli. Car je suis lenteur : comme dit le psalmiste.
Ma chair est faite de contradictions.
Et pourtant, le Seigneur a déposé en ce vase d’argile une fragrance,
un parfum qui n’est pas mien : le parfum du Christ.
Et si ce parfum a pu s’échapper jusqu’à vous,
alors ce fut Sa grâce, et votre docilité.

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